# 1 Arrêter les drogues, tout un art?

Clyde Knowland est artiste peintre anglo-belge élevé à Paris, il a 40ans, il est marié avec, selon son expression « pas mal d’enfants« .

Quand et pourquoi as-tu commencé ta carrière d’artiste?
J’ai depuis mes 5ans toujours voulu être peintre (et vivre dans la forêt). Depuis la fin de mes études vers 1999-2000 je me considère comme artiste peintre et je vis à Bruxelles, pas trop loin d’une forêt!

Quand et comment s’est passé ta première expérience avec la drogue?
oulaaa….
Alcool vers mes 13ans, première cannette de 500ml qui m’a retourné! nuit de folie dont j’ai gardé pour le coup beaucoup de souvenirs!

Cannabis à 17 ans en terminale. On m’avait dit que ça donnait les yeux rouges… Vu que j’ai une veine qui a éclaté, je me suis dit « Ah ouaaaaiiis….en effet!! » . Je me suis endormi dans une boîte de nuit et ai été incapable de sortir avec la fille que je reluquais. Et donc après, inutile de préciser que c’était mort!

Cocaïne et LSD à 19 ans au Japon dans un bar de strip tease où je travaillais en tant que serveur. Je buvais tellement que j’ai pas bien senti l’effet. Mais j’ai pas dormi pendant pas mal de temps et j’avais plein de peinture sur moi le lendemain et je n’ai jamais bien compris ce qui était arrivé. Il paraitrait que j’aurai repeins un plafond d’une boîte de nuit .

Champignons à 20ans en Hollande. Je crois en Dieu depuis la dernière fois où j’en ai pris.

Pilules en 2000. J’avais un peu peur car j’avais entendu pas mal de sales histoires donc à chaque fois j’en prenais très peu. Puis un soir j’en ai pris 2 et là j’ai passé une soirée de dingue.

MDMA je sais pas quand mais je dirai vers 2005 – 2007.
En 2006 ma tante m’a filé un pot d’une centaine de pilules provenant de la pharmacie. Je n’ai jamais su ce que c’était mais je lui ai rendu vide et j’avais trouvé ça top, comme du MDMA mais sans descente. Je prenais ça la journée en arrivant à l’atelier.

Comment se sont entremêles création artistique et consommation de substances illicites?
Alcool: j’ai trouvé que finalement c’est la seule drogue qui apporte qqc de positif car on lâche prise et le côté schizo que ça me donnait était super intéressant. Souvent le matin j’étais étonné d’avoir pu peindre un truc pareil. Le problème est que c’était souvent quand même pas très bien maîtrisé, que j’avais des trous de mémoire, et surtout que mon appart était retourné…
Cannabis, le seul point positif est que je perdais la notion du temps et je pouvais peindre des heures sans m’arrêter. De plus ça ne me faisait pas perdre mes facultés en dehors des yeux qui en devenant plus secs et donc à la fin de la nuit ils me piquaient et je voyais flou.
Sinon j’ai toujours voulu faire justement des expériences pour voir ce que telle ou telle drogue allait avoir comme effet au niveau de ma création et de ma créativité.

Qu’est ce que cela t’a apporté?

Alcool: lâché prise, et donc prise de risque plus importante. Je trouvais ça génial de peindre bourré même si j’étais souvent déçu le lendemain.

Cocaïne: je déconseille fortement. Au niveau de la créativité ça n’apporte rien même si on a l’impression qu’on a des idées géniales. De toute façon c’est impossible de peindre car on passe sa soirée à chercher un pinceau, une clope, un morceau de musique etc… Au final on a pas foutu grand chose. Mais ça a donné des résultats pas mal quand j’ai réussi à peindre.

Cannabis: de l’endurance bizarrement. Quand je peins je rentre dans une sorte d’état hypnotique et le joint ne dérange pas. Par contre on est plus médiocre en regle générale sous l’effet du thc. Je n’ai jamais trouvé que ça dopait la créativité.

LSD: expérience inoubliable mais j’ai peins de la merde. Ma palette m’a fait triper des heures par contre.

MDMA et Extasy: Incapable de me mettre à peindre malgré bcp de tentatives. Par contre je trouvais très sympa de faire des expos sous l’emprise de ces drogues.

Qu’est ce que cela t’a pris?
Beaucoup de neurones et au final j’ai perdu bcp de temps avec ces conneries. Ça se compte en années, et c’est je pense le seul regret dans ma vie, d’avoir perdu autant de temps à cause des drogues (et de neurones, je le sens aujourd’hui)

Quand, comment et pourquoi as-tu décidé d’arrêter de consommer des substances illicites?
Suite à mon « god trip » en 1998 j’ai compris qu’un jour je devrais avoir une vie saine. J’ai mis 15 ans à y arriver. Voir mes enfants grandir m’a aidé, ainsi que de chercher à comprendre à travers des lectures et quelques séances chez différents psycho-thérapeutes.
Vis-tu de tes productions artistiques?
oui

Quel conseil donnerais-tu au jeune Clyde?
De ne jamais prendre de drogue mais il ne m’aurait pas écouté. Donc d’espacer chaque prise de drogue par une année entière. Ce qui globalement m’aurait permis de faire quelques expériences sensorielles par an.
De voir un psycho-généologue à 18 ans (mais je ne sais même pas si ça existait à l’époque).
De fuir quelques personnes.

Quelle est la maxime qui régit ta vie?
« Il y a deux choses dont on peu être sûr dans la vie, et seulement 2. La première est qu’on va mourir un jour. La deuxième est qu’en dehors de ça, on ne peut être sûr de rien! »
– Quel est le meilleur investissement de moins de 100€ que tu aies fait?
probablement de l’argent que j’ai donné à des gens qui avaient faim.

Qui selon toi illustre le mieux le mot « réussite »?
Ceux que j’admirent le plus ont malheureusement mal finis ou ont eu des vies très difficiles. Globalement je pense à des guides spirituels, des hommes médecines, des prophètes etc . Au quotidien, quelqu’un d’équilibré, de généreux et respectueux me semble déjà un bon modèle. Tous je pense doivent d’ailleurs avoir en commun de ne pas avoir cherché à « réussir » mais plutôt à « faire du mieux qu’ils peuvent ».