Catégorie : Episodes

# 12 Seconde chance

Négligé par ses deux parents, trop occupés à se séparer, Philippe quitte l’école vers 16 ans et commet dans la foulée, son 1er délit, un vol de mobylette.

Quelques années plus tard, il est recherché pour des faits de grand banditisme, des attaques de fourgon blindé et pour l’enlèvement de l’ancien Ministre Belge Paul Vanden Boeynants.

Après plusieurs années de cavale, Philippe est finalement rattrapé par les enquêteurs, jugé et condamné à mort. Il ne supporte pas l’enfermement, s’évade, est attrapé à nouveau, et remis en prison. Commence alors pour Philippe une longue traversée du désert, faite de hasards, de rencontres, d’encouragements sincères.

Découvrez dans cet épisode de 1h00, le parcours inattendu d’un homme réinséré dans la société grâce à l’éducation et aux rencontres salutaires qui changent le cours d’une vie.

Ça, j’écoute! est le podcast des gens inspirants qui éclairent le monde grâce à leurs expériences de vie!

# 11 Marcher vers l’inconnu


Souvent je me demande comment font les autres gens pour se discipliner. Je me laisse parfois distraire par un rien.

Peut-être que je devrais marcher plus, comme Sebastien de Fooz, ce marcheur au long cours, qui a déjà rallié Gand à Jérusalem à pieds.

Sebastien aime l’intensité que lui procure la marche.
Il a déjà parcouru des milliers de km à pieds.

Cette fois-ci, il se lance dans un défi atypique : sillonner sa ville à pieds pendant 30 jours sans rentrer chez lui, sans sonner à la porte de ses amis.
Sébastien traverse chaque commune de Bruxelles: de Molenbeek à Woluwe-Saint-Lambert, de Neder-over-Heembeek à Forest, il y découvre l’inconnu à quelques km de chez lui.

Découvrez dans cet épisode de 37 minutes, l’expédition urbaine et humaine à couper le souffle de sens et d’audace!

Ecouter Ça, j’écoute! c’est découvrir des gens inspirants qui contribuent à changer le monde grâce à leurs expériences de vie!

# 10 There is no way back

Hello!

As-tu aussi une amie que tu trouves trop belle, qui pourtant se sent mal dans ses baskets, sort toujours avec des bras cassés et manque de confiance en elle?

Jean Mahaux explique cela très simplement, il dit qu’il n’y a aucune corrélation entre la beauté réelle et la beauté ressentie.
Inventeur de la photothérapie, Jean Mahaux aide les femmes à prendre conscience de leur force et de leur beauté, grâce aux clichés qu’il prend d’elles.
D’après son expérience, les femmes qui souscrivent à une séance de photothérapie ont :
* davantage confiance en elles
* se sentent mieux dans leur peau
* sont moins victimes de harcèlement!

Cet épisode parsemé de petites phrases percutantes du style:« Je vais puiser en elles cette puissance qui émane à travers leurs yeux » ou « N’attendez pas d’être malade pour vous sentir mieux » nous fait un bien fou avant l’été !

Mères et filles, Jean Mahaux vous promet de très beaux moments de complicité dans son studio!
http://www.jeanmahauxphotography.com/

# 9 Le changement de vie


Hugo Poliart est connu principalement pour la publication de ses humeurs sur des carnets à spirales sur les réseaux sociaux, il est également écrivain, agitateur sur Twitter, il fait un peu de télévision et donne des conseils en communication.

Dans cet épisode de 40 minutes, vous découvrirez:
– Quelle décision mûrie pendant 2 ans a changé sa vie, et changera peut-être la vôtre.
– Que le changement « d’avis » peut mener à un changement « de vie »
– Que changer de vie ce n’est pas forcément tout remettre en question, mais simplement se recentrer sur ce qui nous rend heureux.
– Que Hugo Poliart est très fort pour donner l’envie aux gens de découvrir la Colombie
– Que la majorité des gens sont bien intentionnés (même sur les réseaux sociaux)
– Que si on doit mourir demain, autant aller se coucher de bonne heure.
– Que le dernier roman de mon invité s’appelle Plume, sort en juin, et d’après lui, est divertissant et amusant à lire, parfait pour les vacances!

Pour rire régulièrement car c’est bon pour la santé, vous pouvez suivre Hugo sur les réseaux sociaux :
www.facebook.com/pg/HugoPoliart/p…ef=page_internal
www.instagram.com/hugopoliart/?hl=fr

#8 Vivre de sa passion


Frédéric Buyle a commencé l’apnée à l’âge de 5 ans. Il a été plusieurs fois champion du monde d’apnée, et depuis plusieurs années, il dédie sa vie à sa passion : plonger dans les océans et les mers du monde entier. Frédéric partage avec nous son quotidien : être un observateur privilégié du milieu sous-marin, nager en compagnie de requins de toutes sortes, assister à la naissance d’un bébé cachalot (un beau bébé de 4m de long et de 1 tonne), poser des balises sur des grands animaux, pour des missions scientifiques, photographier les merveilles des océans pour nous faire rêver sur Instagram…

# 7 Le harcèlement en couple

Dans ce 7ème épisode de « Ça, j’écoute »!, Anaïs (prénom d’emprunt) revient sur sa situation de victime de harcèlement dans son couple. C’était il y a 10 ans, il a fallu se remémorer beaucoup de choses qui étaient enfouies, minimisées, pour revenir sur cette période difficile de sa vie…

# 6 L’envers de la médaille

Kody Kim, l’excellent humoriste de grand talent, qui, en plus de toutes ses qualités que vous allez découvrir en écoutant ce podcast, vit à Schaerbeek!!
« Kody est la personne rêvée en interview! Il parle bien, il est drôle, il a de la répartie, il est amusant et sur ça, j’écoute! il nous parle de cinéma, de grande et petite aventure, de rencontres, d’auto-dérision, de mal de dos, d’angoisses, de ce à quoi il se shoote, d’acteurs qui le fascinent, de la réforme qui l’a sauvé, de rencontres, de sa devise… et un peu de Schaerbeek aussi 🙂 »

#5 Syrie, l’autre regard


Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Myrna Nabhan, je suis née en Belgique d’une rencontre entre le Maghreb et le Levant, j’ai grandi un pied au Moyen-Orient et l’autre en Europe et toutes ces différentes cultures dans le cœur.

Tu as grandi entre plusieurs pays, plusieurs cultures, comment définis-tu ton « home »? Où et avec qui te sens-tu chez toi ? 

J’ai longuement eu du mal avec ce concept de « home » justement…plus jeune j’avais du mal à me décider ou c’était vraiment chez moi, quand j’étais à Bruxelles, Damas me manquait, quand j’étais à Damas je pensais au Maroc et quand j’étais au Maroc, je me demandais quand est ce que je rentrerais à Bruxelles. Puis un jour en lisant une magnifique citation de Naguib Mahfouz qui dit « Le « home » n’est pas là où vous êtes nés ; mais c’est là où cessent toutes vos tentatives d’échapper à l’évasion’ j’ai finalement compris que justement mon home, c’est toutes ces différentes identités et cultures et que je n’avais pas à choisir entre l’une d’elle… Que mon home c’était à la fois ma vie bruxelloise ou j’ai vis mes plus belles années en tant que jeune adulte (lol je me rajeunis, je peux ? :p), aussi bien que le Maroc ou je passais mes vacances étant enfant mais que j’ai re-decouvert il y a peu en m’installant la bas un an pour raisons professionnelles ce qui m’a permis de renouer avec mes racines maternelles, que Damas qui m’ a vue grandir et qui m’accueille toujours à bras ouverts dès que je reviens.

Pourquoi as-tu choisi des études en sciences politiques ? 

Ayant grandi au Moyen-Orient, il n y a rien à faire mais on grandit avec la géopolitique. Par ex j’ai des bribes de souvenirs de masque à gaz entre les mains alors que je devais avoir 3 ans parce que c’était la guerre du golfe, ou bien en étant ado de suivre l’invasion de l’Irak minute par minute et de voir les irakiens déplacés par la guerre accueillis en Syrie, ou encore le conflit israélo-arabe avec lequel on grandit en toile de fond.  Bref je pense que tous ces évènements dans l’histoire et bouleversements dans la région ont forgé au fur et à mesure ma conscience politique. Il se passe tellement de choses dans cette partie du monde, que j’ai voulu les comprendre je pense…  Et puis en plus, j’ai un papa passionné de politique internationale, je pense qu’il m’a aussi transmis le virus, il nous arrive de rester des heures à parler et débattre sur tout ça, donc ça aggrave encore plus mon cas 

Qu’as-tu fait après tes études ?

Avec mon master en relations internationales en poche, je pensais repartir pour la Syrie pour travailler dans le domaine du développement. Mais c’était sans compter que l’année ou j’ai obtenu mon diplôme, la guerre a commencé en Syrie… Depuis ces 6 dernières années, mon Monde a changé depuis le déclenchement de cette guerre qui n’épargne rien ni personne. J’ai commencé à écrire sur le sujet en me rendant sur place à plusieurs reprises, puis j’ai commencé à être publié et à me spécialiser de plus en plus sur ce conflit interminable au fur et à mesure qu’il se complexifiait.

Quand et pourquoi t’es-tu décidée à faire un film ? On s’improvise réalisatrice ? Comment ça s’est passé ?

Rien ne me destinait à faire un film mais la guerre qui fait rage en Syrie est devenue une part intégrante de moi-même. Au fil des mois, je me suis rendu compte que ce qui s’y passait me hantait et m’obsédait de plus en plus. Il y a quelque chose de tellement fort et d’indescriptible qui me rattache à la Syrie et qui m’a poussé à me rendre là-bas à plusieurs reprises durant les premières années du conflit. Mais de chaque voyage là-bas, je revenais très affectée. Derrière mes sourires se cachait une mélancolie permanente et un sentiment d’impuissance de plus en plus difficile à gérer. Je m’en voulais de vivre en sécurité ici, et de pouvoir fermer les yeux quand je n’en pouvais plus de voir ce cauchemar la bas. La seule chose qu’il m’était possible de faire dans ces circonstances était de tenter de retranscrire la souffrance de ce pays pour que peut-être d’autres ici puissent la ressentir. Mais très vite les mots se sont avérés insuffisants et ne parvenaient plus à exprimer l’étendue de la réalité de terrain. Aucun mot, aucun sentiment n’étaient assez fort pour exprimer ce que je ressentais. Je faisais tout mon possible pour expliquer mais le flux constant d’images de guerre et d’horreur dans les médias me semblaient déconnectées des réalités humaines sur place. J’ai donc décidé de tout plaquer, d’embarquer une caméra dans mes valises et de partir à la recherche de ces images manquantes de nos écrans de télévisions pour réaliser un documentaire et donner la parole à ceux qu’on n’entend pas.   (recyclage du TED mais ce sera plus spontané quand on en parlera  )

Tu écris régulièrement pour le HP, tu animes une émission radio, as-tu encore d’autres projets professionnels ? 

Oui !! Je suis en train de préparer un livre-photo sur Alep actuellement, et en parallèle je lance ma société de consultance sur le monde arabe (a développer à l’oral)

La situation au Moyen-Orient est d’une extrême complexité, si tu pouvais la résumer en 2 minutes, que dirais-tu ?

Je dirais que justement si on vous explique le Moyen-Orient et que vous arrivez à le comprendre, c’est que l’on vous l’a surement mal expliqué !  Plus sérieusement pour ne pas me lancer dans une explication qui dépasserait largement les 2 minutes je dirais juste que le Moyen-Orient est le carrefour de toutes les civilisations mais aussi malheureusement le carrefour de toutes les convoitises.

Quelle(s) issue(s) pour ce conflit ? 

Grandes puissances doivent faire pression sur les belligerants, cessez-le-feu, negociations politiques, elections sous egide de l’ONU et transition politique   (resolution 2254) (developper)

Nous sommes inondés d’images et d’infos venant de Syrie, après Alep qui fut sous le feu (et pas que des projecteurs), on parle maintenant de la province du Ghouta, c’est compliqué pour nous européens de distinguer les vrais enjeux de cette bataille, peux tu nous en dire un mot?

Ce qui se passe dans la Ghouta, comme à Alep, ou encore à Homs tout au long de ce conflit,  c’est un affrontement entre une armée régulière et divers groupes armés dont l’allégeance aux idéaux démocratiques est loin d’être évidente. La guerre urbaine est la pire des guerres, parce qu’au cœur de ces conflits il y a les civils, que chaque partie instrumentalise pour défendre son propre agenda. (a developper)

Si tu pouvais présider un conseil de l’Onu, que donnerais-tu comme consignes, à quels pays?

Je recommanderais aux membres du Conseil de Sécurité de mettre leurs intérêts nationaux de côté et d’agir de manière coordonnée pour soutenir réellement les efforts de paix dans les pays ravagés par les conflits comme la Syrie, le Soudan du Sud, ou le Yémen…

Être une femme en Europe, en Belgique, en France, au MO,… même combat ?

Vu qu’hier c’était la journée internationale des droits des femmes, ça nous rappelle qu’être une femme aux quatre coins du monde reste un combat. Certes à des degrés différents dans les différentes sociétés.  Dans les societes plus traditionnelles comme on peut retrouver au MO c’est assez paradoxal car la loi donne des droits, mais tres souvent c’est la société les empêche de les obtenir. On est dans des societes ou se cotoient encore les mariages tradionnels, ou le poids des traditions brident l’emancipation des femmes car c’est encore ancrés dans les mœurs mais qui parallèlement transpire une modernité qu’on ne s’imagine pas. ( a dev)

Quelles sont les femmes et ou les hommes qui t’inspirent dans ta vie de tous les jours?

Bizarrement je ne suis pas vraiment le genre à être nécessairement inspirée par des personnes, mais vraiment plus par des initiatives. Par des projets qui bousculent les lignes

C’est quoi ton souvenir le plus terrifiant ? Et a contrario le plus extraordinaire?

Terrifiant : alep

Extraordinaire : d’avoir réussi a transmettre les memes emotions et les partager via tedx et film par exemple  (a developper)

Comment te vois-tu dans 5-10 ans ?

Honnêtement je ne sais absolument pas…comme il y a 5 ans je ne m’attendais pas à ce que ma vie prenne cette direction et que cela m’ait poussé à réaliser des choses auxquelles je n’avais même pas pensé ou que je ne pensais pas capable de pouvoir réaliser. Je n’ai pas de plan préétabli pour ma vie, j’ai des objectifs mais pas de plans. C’est vraiment les circonstances de la vie et les rencontres sur mon chemin qui guident mes choix personnels et professionnels.

Un rêve que tu souhaites encore réaliser serait…

Fonder une famille (je reste une orientale hein :p)

Pour quoi es-tu le plus reconnaissante dans ta vie aujourd’hui ?

D’être en sécurité et de pouvoir profiter de la vie. En passant du temps là-bas, parfois dans des conditions très dures, j’ai appris ce qu’est vraiment la peur quand les tirs déchirent les airs, l’insécurité quand les jours ressemblent à la nuit, ou encore le sentiment de manque quand on n’a plus accès aux besoins les plus basiques auxquels devrait avoir droit n’importe quel être humain sur Terre. On réalise l’importance de choses que l’on prend pour acquises.  

Quel livres as-tu lu ou offert récemment ?

Je suis actuellement entrain de relire les Désorientés de Amin Maalouf, un des livres qui m’a le plus marqué et inspiré dans mes projets.

C’est quoi une moment « de bonheur parfait » pour toi?

Quand je prends mon café le matin et que personne me fait chier (lol je dirais pas ca comme ca) , ou la version non-ecolo friendly dans mon bain moussant à regarder un film (j’ai une liste tellement longue de films à rattraper)

Quels podcasts écoutes-tu ? 😉

L’Orient Express, et tes podcast bien sur Sophie ! 😀

Que donnerais-tu comme conseil à la « jeune » Myrna celle d’il y a 5 ou 10 ans?  

De ne jamais perdre espoir et de ne pas baisser les bras face aux échecs parce que généralement quand une porte se ferme c’est parce qu’une autre nous est entrouverte, et de continuer de faire confiance à la vie pour atteindre ses rêves. Ayant grandi au Moyen-Orient, il n y a rien à faire mais on grandit avec la géopolitique. Par ex j’ai des bribes de souvenirs de masque à gaz entre les mains alors que je devais avoir 3 ans parce que c’était la guerre du golfe, ou bien en étant ado de suivre l’invasion de l’Irak minute par minute et de voir les irakiens déplacés par la guerre accueillis en Syrie, ou encore le conflit israélo-arabe avec lequel on grandit en toile de fond.  Bref je pense que tous ces évènements dans l’histoire et bouleversements dans la région ont forgé au fur et à mesure ma conscience politique. Il se passe tellement de choses dans cette partie du monde, que j’ai voulu les comprendre je pense…  Et puis en plus, j’ai un papa passionné de politique internationale, je pense qu’il m’a aussi transmis le virus, il nous arrive de rester des heures à parler et débattre sur tout ça, donc ça aggrave encore plus mon cas ( :p)

4. Qu’as-tu fait après tes études ?
Avec mon master en relations internationales en poche, je pensais repartir pour la Syrie pour travailler dans le domaine du développement. Mais c’était sans compter que l’année ou j’ai obtenu mon diplôme, la guerre a commencé en Syrie… Depuis ces 6 dernières années, mon Monde a changé depuis le déclenchement de cette guerre qui n’épargne rien ni personne. J’ai commencé à écrire sur le sujet en me rendant sur place à plusieurs reprises, puis j’ai commencé à être publié et à me spécialiser de plus en plus sur ce conflit interminable au fur et à mesure qu’il se complexifiait.

5. Quand et pourquoi t’es-tu décidée à faire un film ? On s’improvise réalisatrice ? Comment ça s’est passé ?
Rien ne me destinait à faire un film mais la guerre qui fait rage en Syrie est devenue une part intégrante de moi-même. Au fil des mois, je me suis rendu compte que ce qui s’y passait me hantait et m’obsédait de plus en plus. Il y a quelque chose de tellement fort et d’indescriptible qui me rattache à la Syrie et qui m’a poussé à me rendre là-bas à plusieurs reprises durant les premières années du conflit. Mais de chaque voyage là-bas, je revenais très affectée. Derrière mes sourires se cachait une mélancolie permanente et un sentiment d’impuissance de plus en plus difficile à gérer. Je m’en voulais de vivre en sécurité ici, et de pouvoir fermer les yeux quand je n’en pouvais plus de voir ce cauchemar la bas. La seule chose qu’il m’était possible de faire dans ces circonstances était de tenter de retranscrire la souffrance de ce pays pour que peut-être d’autres ici puissent la ressentir. Mais très vite les mots se sont avérés insuffisants et ne parvenaient plus à exprimer l’étendue de la réalité de terrain. Aucun mot, aucun sentiment n’étaient assez fort pour exprimer ce que je ressentais. Je faisais tout mon possible pour expliquer mais le flux constant d’images de guerre et d’horreur dans les médias me semblaient déconnectées des réalités humaines sur place. J’ai donc décidé de tout plaquer, d’embarquer une caméra dans mes valises et de partir à la recherche de ces images manquantes de nos écrans de télévisions pour réaliser un documentaire et donner la parole à ceux qu’on n’entend pas. 6. Tu écris régulièrement pour le HP, tu animes une émission radio, as-tu encore d’autres projets professionnels ?
Oui !! Je suis en train de préparer un livre-photo sur Alep actuellement, et en parallèle je lance ma société de consultance sur le monde arabe (a développer à l’oral)

7. La situation au Moyen-Orient est d’une extrême complexité, si tu pouvais la résumer en 2 minutes, que dirais-tu ?
Je dirais que justement si on vous explique le Moyen-Orient et que vous arrivez à le comprendre, c’est que l’on vous l’a surement mal expliqué !  Plus sérieusement pour ne pas me lancer dans une explication qui dépasserait largement les 2 minutes je dirais juste que le Moyen-Orient est le carrefour de toutes les civilisations mais aussi malheureusement le carrefour de toutes les convoitises.

8. Quelle(s) issue(s) pour ce conflit ?
Grandes puissances doivent faire pression sur les belligerants, cessez-le-feu, negociations politiques, elections sous egide de l’ONU et transition politique   (resolution 2254) (developper)

9. Nous sommes inondés d’images et d’infos venant de Syrie, après Alep qui fut sous le feu (et pas que des projecteurs), on parle maintenant de la province du Ghouta, c’est compliqué pour nous européens de distinguer les vrais enjeux de cette bataille, peux tu nous en dire un mot?
Ce qui se passe dans la Ghouta, comme à Alep, ou encore à Homs tout au long de ce conflit,  c’est un affrontement entre une armée régulière et divers groupes armés dont l’allégeance aux idéaux démocratiques est loin d’être évidente. La guerre urbaine est la pire des guerres, parce qu’au cœur de ces conflits il y a les civils, que chaque partie instrumentalise pour défendre son propre agenda. (a developper)
Si tu pouvais présider un conseil de l’Onu, que donnerais-tu comme consignes, à quels pays?
Je recommanderais aux membres du Conseil de Sécurité de mettre leurs intérêts nationaux de côté et d’agir de manière coordonnée pour soutenir réellement les efforts de paix dans les pays ravagés par les conflits comme la Syrie, le Soudan du Sud, ou le Yémen…

Être une femme en Europe, en Belgique, en France, au MO,… même combat ?
Vu qu’hier c’était la journée internationale des droits des femmes, ça nous rappelle qu’être une femme aux quatre coins du monde reste un combat. Certes à des degrés différents dans les différentes sociétés.  Dans les societes plus traditionnelles comme on peut retrouver au MO c’est assez paradoxal car la loi donne des droits, mais tres souvent c’est la société les empêche de les obtenir. On est dans des societes ou se cotoient encore les mariages tradionnels, ou le poids des traditions brident l’emancipation des femmes car c’est encore ancrés dans les mœurs mais qui parallèlement transpire une modernité qu’on ne s’imagine pas. ( a dev)
Quelles sont les femmes et ou les hommes qui t’inspirent dans ta vie de tous les jours?
Bizarrement je ne suis pas vraiment le genre à être nécessairement inspirée par des personnes, mais vraiment plus par des initiatives. Par des projets qui bousculent les lignes

C’est quoi ton souvenir le plus terrifiant ? Et a contrario le plus extraordinaire?
Terrifiant : alep
Extraordinaire : d’avoir réussi a transmettre les memes emotions et les partager via tedx et film par exemple  (a developper)

Comment te vois-tu dans 5-10 ans ?
Honnêtement je ne sais absolument pas…comme il y a 5 ans je ne m’attendais pas à ce que ma vie prenne cette direction et que cela m’ait poussé à réaliser des choses auxquelles je n’avais même pas pensé ou que je ne pensais pas capable de pouvoir réaliser. Je n’ai pas de plan préétabli pour ma vie, j’ai des objectifs mais pas de plans. C’est vraiment les circonstances de la vie et les rencontres sur mon chemin qui guident mes choix personnels et professionnels.

Un rêve que tu souhaites encore réaliser serait…
Fonder une famille (je reste une orientale hein :p)

Pour quoi es-tu le plus reconnaissante dans ta vie aujourd’hui ?
D’être en sécurité et de pouvoir profiter de la vie. En passant du temps là-bas, parfois dans des conditions très dures, j’ai appris ce qu’est vraiment la peur quand les tirs déchirent les airs, l’insécurité quand les jours ressemblent à la nuit, ou encore le sentiment de manque quand on n’a plus accès aux besoins les plus basiques auxquels devrait avoir droit n’importe quel être humain sur Terre. On réalise l’importance de choses que l’on prend pour acquises.
Quel livres as-tu lu ou offert récemment ?
Je suis actuellement entrain de relire les Désorientés de Amin Maalouf, un des livres qui m’a le plus marqué et inspiré dans mes projets.

C’est quoi une moment « de bonheur parfait » pour toi?
Quand je prends mon café le matin et que personne me fait chier (lol je dirais pas ca comme ca) , ou la version non-ecolo friendly dans mon bain moussant à regarder un film (j’ai une liste tellement longue de films à rattraper)

Que donnerais-tu comme conseil à la « jeune » Myrna celle d’il y a 5 ou 10 ans?
De ne jamais perdre espoir et de ne pas baisser les bras face aux échecs parce que généralement quand une porte se ferme c’est parce qu’une autre nous est entrouverte, et de continuer de faire confiance à la vie pour atteindre ses rêves.

#4 Le choix de revenir

Nathalie a trois enfants, Anaïs, Emmy et Thibaut. Elle vient d’avoir cinquante ans. Elle se décrit comme « travailleuse de paix ». Attentive à garder les pieds sur terre, cette maman active, fascinée par le monde des plantes et par les relations humaines est toujours en recherche d’absolu. Elle adore écrire et marcher dans la nature.

Peux-tu nous parler de ce qui a provoqué l’accident de voiture et ce qui s’est passé ensuite ?

J’ai perdu patience et me suis retournée pour demander aux enfants de rattacher leurs ceintures de sécurité. Mon mouvement a entrainé le volant puis la voiture en dehors de sa trajectoire.

Une fois à l’hôpital, comment les événements se sont-ils déroulés ?

Nous étions tous blessés (tous les 4). Au départ dans des hôpitaux différents puis rassemblés. Anaïs était aux soins intensifs, entre la vie et la mort. Elle y est restée pendant 3 semaines.

Quels sont les éléments qui t’apparaissent comme limpides, 20 ans après le faits ?

La colère et l’agressivité contenues dans mon geste ont précipité le chaos. J’ai ‘explosé’ au mauvais moment au mauvais endroit à la suite d’une accumulation de petites frustrations au fil des années. Ca a mis en péril tout ce que j’avais de plus cher (les enfants, ma propre vie). Responsabilité évidente. Drame qui a fait exploser notre vie en mille morceaux et en même temps, 20 ans plus tard, quel cadeau. Immense gratitude d’avoir reçu cette épreuve.

As-tu directement compris l’expérience que tu étais en train de vivre ? Ou l’as-tu comprise par après ?

Pour l’accident, oui, je l’ai comprise immédiatement, sur l’autoroute, en cherchant les corps des enfants. Je ne pouvais que donner le meilleur de moi-même. Aimer plus. Être présente réellement. Vivre avec toute l’énergie vitale dont j’étais capable.
Pour la NDE, non. Ca s’est passé sur l’autoroute une fois les enfants emmenés dans les ambulances. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Seulement des années plus tard, j’ai commencé à intégrer, à comprendre, à pouvoir en parler. Et maintenant, je me sens un besoin de transmettre le sentiment d’harmonie, de paix et d’intégration ressenti ce jour-là.

Penses-tu qu’il y a une raison d’avoir vécu cet accident et cette NDE ?

Pas une raison, mais effectivement, l’expérience a du sens. Passer si près de la mort fait voir la vie autrement : la sentir, la toucher avec plus de conscience.

Est-ce que tu t’imaginais un jour vivre un tel événement / survivre à un tel événement?

Non, jamais.

Quels ont été les changements, les conséquences de cet accident pour toi ?

D’abord dramatique : déconnexion avec Cédric (qui n’était pas dans la voiture) puis divorce. Sentiment de survie pendant au moins 2 ans, puis processus de guérison d’une bonne dizaine d’année. Encore maintenant, symptômes de stress post-traumatique.
Puis, plus de cohérence (puisque je percevais ce manque de cohérence comme la cause de mon geste ayant entrainé l’accident). Plus de RESPECT (de moi-même, des autres, des situations, des rythmes).

As-tu évolué différemment des autres jeunes adultes de ton âge, avec cette expérience ?

Oui certainement. Il n’y a avait plus de place dans ma vie pour le non-essentiel. Mon capital-énergie ayant été fortement réduit, conscience de marcher sur un fil, de vivre chaque chose en conscience (qualité des relations, de la nourriture, du sommeil). Priorité absolue aux enfants et à leur donner un espace pour grandir et dépasser la crise. Priorité à la cohérence.

Cet accident a-t-il changé les priorités pour toi ? Si oui comment ?

Processus de réalignement sur mes valeurs (respect) et sur l’essentiel (l’amour, les relations). La notion de RESPECT aussi est devenue centrale. Ce qui m’a amenée à une réorientation professionnelle.

As-tu lu des livres ou des articles sur la thématique de la NDE et qu’en penses-tu ?

Oui, les livres d’Élisabeth Kübler-Ross. Ca m’a fait du bien, ça m’a permis d’apprivoiser la notion, de me rendre compte que d’autres ont vécu ce que j’ai vécu.

Te sens-tu isolée, soutenue, jugée, est-ce facile d’en parler ?

Non, pas encore facile d’en parler. Je ne sais pas très bien pourquoi. Comme si ça n’était pas encore approprié. Ou alors que les émotions sont encore fortes. Peur de faire peur aux gens. Oui, c’est ça : peur de faire peur, et que les gens se détournent ou me prennent pour une folle.

Reste-t-il quelque chose de cet événement dans ta vie quotidienne? Si oui, quoi?

Oh oui. La pratique de la méditation par exemple. Un sentiment de gratitude par rapport à la vie. Une reconnaissance infinie d’être en vie et de voir les enfants devenir des adultes ouverts, généreux et sensibles.

Qu’est ce qui t’inspire dans ta vie de tous les jours aujourd’hui?

La nature pour sa simplicité. Le silence. Ralentir et ouvrir son cœur. Se mettre à l’écoute de l’autre. Les gestes de gentillesse, même tout petits. La chaleur qui émane de chacun. Les plantes, pour une espèce de sagesse humble qu’elles dégagent. Et puis, les conflits, car ils peuvent être moteur de transformation et de conscience, au-delà de la souffrance.

Qu’est ce qui est important pour toi, aujourd’hui?

Être moi-même, dans mon plein potentiel. Partager mon expérience. Me mettre à l’écoute, au diapason du monde. Aimer, jusque dans les plus petites choses.

Selon toi, qui illustre le mieux le mot « succès » ou « réussite »

J’aime les moines et moniales avec qui je travaille ces temps-ci sur le sujet du dialogue inter-religieux. Ils sont un modèle pour moi d’engagement dans la vie, une vie de contemplation et d’action faite d’activités simples qui servent la société.

Quel événement / personnage t’a marqué ces 12 derniers mois

Là, y a rien qui me vient… Peut-être que ce qui m’a le plus marqué, c’est ma fille Anaïs. Qui en septembre, s’est positionnée si clairement pour développer sa pratique de toucher et de massage, qu’elle en a manqué une belle opportunité de job d’institutrice maternelle… Je me suis dit : ouah ! elle écoute sa voix intérieure…

Quel livre as-tu offert ou lu et apprécié récemment?

‘Sagesse d’un pauvre’ d’Eloi Leclerc, qui relate un événement de la vie de st François, quand il voit l’œuvre de sa vie s’effondrer et qu’il doute de son action. C’est une sorte de burnout par lequel st François passe.
Évidemment, j’ai offert des tas de fois ‘chouette, un conflit !’ qui est aussi un produit de cet accident et NDE, une sorte de bébé conçu dans le drame, porté pendant des années, et mis au monde discrètement (peut-être est-ce maintenant pour lui le moment de quitter sa couveuse…)

Que donnerais-tu comme conseil à la « jeune » Nathalie, celle d’il y a 15 ou 20 ans?

C’est difficile de retourner 20 ans en arrière, tant toute cette période a été douloureuse. En même temps, je vois que je n’aurais pas pu faire mieux. Donc je lui dirais ‘tout est bien, tout est OK, fais confiance, ne cherche pas à trop comprendre au fur et à mesure, continue à avancer, tu comprendras à la fin, quand tu verras l’image complète prendre forme’ et aussi ‘soit douce avec toi-même autant qu’avec les autres, rien ne mérite de se presser, de précipiter les choses, de bâcler ; prête attention à chaque relation qui se présente ; ouvre les yeux et le coeur’.

#3 L’onde de choc

Perrine a 30 ans. Elle est architecte d’intérieur spécialisée en Feng shui et créatrice textile et elle souligne qu’elle a la chance de vivre de ses deux passions. Et précise, d’emblée, qu’elle est en couple avec une merveilleuse femme.

Peux-tu nous parler de ce qui s’est passé pour toi le 22 mars 2016?
Le 22 mars 2016, je suis allée conduire ma maman et ma tante à l’aéroport de Zaventem pour qu’elles prennent l’avion pour aller à l’enterrement de leur soeur près de Boston.
Elles étaient bouleversées par ce décès et je les ai donc accompagnées à l’intérieur pour faire le check-in afin de les soutenir.
A peine la porte de l’aéroport franchie, nous avons entendu une première explosion. Je n’ai pas du tout pris ce bruit au sérieux, croyant a un objet lourd qui venait de tomber. C’est à la deuxième explosion, à quelques mètres de nous que j’ai réalisé ce qu’il se passait. Je n’ai alors pensé qu’à une chose, courir, afin d’éviter toute potentialité que des hommes armés ne débarquent. J’ai jeté le sac de voyage que je tenais en main pour empoigner ma maman et ma tante et on a essayé de se frayer un chemin à travers la foule et les sacs qui jonchaient le sol. Je ne me suis pas retournée à un seul instant, je me suis juste mise comme objectif de nous faire sortir toutes les trois saines et sauves. Lorsque tout le monde a couru à droite vers la pompe à essence, par instinct, j’ai couru à gauche, vers un arbre, au pied duquel nous nous sommes posées quelques instants afin de contacter nos familles avant qu’elles n’entendent les news et qu’elles ne s’inquiètent.
Nous avons ensuite rejoint la garde de Zaventem à pied et mon cousin est venu nous y chercher.
Jusqu’à ce que je sois chez moi saine et sauve, je n’ai pas réalisé ce qu’il se passait, sans doute du à l’adrénaline. C’est seulement au moment où je me suis posée chez moi,seule que j’ai réalisé ce que je venais de vivre.
Pendant toute la durée de cette aventure, j’étais complètement lucide, dans le contrôle de la situation et pas dutout apeurée.J’étais certaine que l’on allait s’en sortir. C’est le contre-coup par après qui a été très difficile. Le yoga et l’hypnose m’ont aidés à très vite me remettre sur pied.

Est-ce que tu t’imaginais un jour vivre un tel événement / survivre à un tel événement?
Je ne me suis jamais réellement posé la question, mais je crois que étant donné la proximité ces dernières années de ce genre d’événements, inconsciemment, on est déjà un peu préparés.
Pas une seconde je ne me suis imaginée que je ne survivrais pas. Je ne sais pas si c’est pas personnalité positive ou de la naïveté, mais la question ne s’est même pas posée. Je me suis sentie comme pendant une virée scout, cette sensation de mission je la connaissais déjà un peu grâce aux mouvements de jeunesse, mais là c’était en vrai.

Y a-t-il eu un avant 22 mars et un après 22 mars?
Complètement. Radicalement.
C’est d’ailleurs la première question que je me suis posée en passant la porte de sortie de l’aéroport « pour quelle raison suis-je en train de vie ceci ».
La relation avec mon père qui était tendue depuis plusieurs mois s’est améliorée radicalement. La peur d’avoir risqué de perdre quelqu’un qu’on aime est plus forte que tout.
Ma relation à la vie a aussi beaucoup changé. J’étais déjà dans un chemin de développement personnel depuis plusieurs années, mais cet événement m’a fait faire un sacré bon en avant dans mon travail sur moi et dans mes choix de vie.
Suite à l’attentat, j’ai renoncé à un CDI que mon boulot me proposait, car je sentais que je ne me respectais pas dans se travail. Je ne respectais ni ma santé, ni ma vie privée, ni mes valeurs. Quand tout peut se terminer en en claquement de doigts, la sécurité d’un emploi fixe n’a vraiment plus d’importance.
Je me suis donc lancée comme freelance et j’ai commencé à faire confiance à mon intuition, à l’univers, à ma force intérieur, appelez cela comme vous voulez. Mais j’ai commencé à avoir confiance en la vie. En me disant que tout ce qui arrive est toujours pour un mieux. J’en ai eu une preuve si impressionnante en vivant cet attentat traumatisant et violent qui finalement a aidé en un instant à régler des mois de confits avec mon père qui me rendaient extrêmement tristes.
Cette manière différente d’appréhender la vie a vraiment tout changé. Ma relation à la mort a changé aussi, du moins à ma mort. Je me rends davantage compte qu’il y’a encore beaucoup beaucoup de choses que j’aimerais réaliser avant de mourir. Je n’ai donc pas de temps à perdre à faire des choses qui ne font pas partie de mes plans et qui ne me font pas plaisir, juste dans la peur d’être dans le besoin. Quand on change de point de vue et qu’on renonce à des choses qui ne nous font pas plaisir, on laisse de la place pour des choses qui nous conviennent et que l’on veut vraiment. Tout est une question de place et de confiance, je crois.

Si tu pouvais revenir en arrière et changer le passé, tu changerais la date de ton vol pour éviter d’avoir à vivre cela?
Pas un instant je ne changerais quoique ce soit dans ce qu’il s’est pas. J’ai tiré bcp de leçons de tout cela et ce de manière radical. J’avais sans doute besoin d’être secouée un coup pour prendre conscience …

As-tu ressenti un élan de « quelque chose » suite aux attentats, et si oui qu’en reste-t-il aujourd’hui?
Un élan de bonheur d’être envie. Une envie encore plus grande de passer du temps avec ceux que j’aime et de ne pas les sacrifier pour du travail pour des gens que je ne connais pas ou pour qui le moteur est uniquement l’argent. Mon besoin d’éthique dans tout ce que je fais est devenu chronique et c’est dur de faire marche arrière.

Te sens-tu isolée ou soutenue?
J’ai été super soutenue par toute ma famille, amis, etc. Mais je me suis très vite prise en main pour voir le côté positif de la situation et faire ce qu’il fallait pour laisser cet événement derrière moi.

Est-ce un sujet dont on parle assez? Pas assez? Que faudrait-il plus, moins, mieux faire par rapport à cela?
On parle certainement assez des attentats, même peut être trop. Si on croit un minimum à la loi de l’attraction, on aurait même envie de dire qu’il faut arrêter d’en parler. Mais ce serait sans doute hypocrite.
Je ne sais pas quoi répondre à cela, je crois que chacun vit les choses à sa manière. Mais il est certain qu’un même événement est vécu par chacun de manière totalement différente. Je crois qu’il ne faut pas négliger l’effet traumatisant de ce genre d’événement et à quel point les thérapies tel l’hypnose (EMDR) peuvent vraiment sauver de la paranoïa. Donc, oui, un suivit post-traumatique qualitatif devrait être mis en place automatiquement. Personnellement, je ne sais pas si je serais si positive et si bien dans mes baskets à l’heure actuelle si je n’avais pas suivi cette thérapie post-traumatique.

Reste-t-il quelque chose de cet événement dans ta vie quotidienne? Si oui, quoi?
Le goût de la vie. L’envie de faire uniquement des choses en lesquelles je crois et desquelles je peux être fière. Et surtout cette fameuse phrase de Ghandi « sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Je ne veux pas voir de haine dans le monde, donc je m’efforce de ne pas avoir de haine envers les malheureux qui commettent ces actes absurdes. J’essaye d’être emphatique et de me convaincre qu’ils souffrent. Du coup, j’essaye d’être cohérente dans chaque acte que je pose, dans chaque relation. C’est presqu’un job 😉
Mais c’est incroyable comme les choses roulent facilement quand on va dans la bonne direction. On ne doit pas se battre et souffrir, ça c’est une vieille mauvaise blague judéo-chrétienne (pas dutout drôle d’ailleurs). On peut juste être et faire les choses avec le cœur et ça marche aussi.

Qu’est ce qui t’inspire dans ta vie de tous les jours aujourd’hui?
Mes aspirations profondes et comment je voudrais que le monde soit. Alors j’essaye de mettre ma mini pierre à l’édifice en me disant que c’est déjà ça et que c’est déjà super.

Qu’est ce qui est important pour toi, aujourd’hui?
L’éthique, l’amour, le beau dans tout et partout. Le fait de faire de chaque moment un beau moment même si on doit avaler une grosse, grosse grenouille. Essayer de trouver satisfaction et bonheur dans chaque petite chose de la vie.

Selon toi, qui illustre le mieux le mot « succès » ou « réussite »
Selon moi, réussir c’est être heureux au quotidien dans chaque petite chose. La vie n’a pas un but, une finalité, un objectif. Car sinon, quand on l’a atteint, qu’est-ce qu’il reste?
Selon moi, réussir, c’est pouvoir être heureux au quotidien et faire toujours les choses avec conscience. Ne pas devoir faire des sacrifices, mais pouvoir vivre selon ses valeurs au quotidien. Étre entourés de gens merveilleux qui nous apprennent à évoluer. Faire un travail qui met à l’épreuve notre créativité au sens large du terme. Rêver, rêver, rêver… et être conscient que les rêvent deviennent toujours réalité si c’est ce qui est bon pour nous.
En gros, la réussite, c’est être conscient toujours qu’on est au bon endroit au bon moment et être heureux de cela quoi qu’il arrive.

Quel événement / personnage t’a marqué ces 12 derniers mois
Ces derniers mois, il y’a sans doute, parmi d’autre Lise Bourbeau, Barefoot Doctor, Jean Jacques Crevecoeur. Il y’a aussi Marion Kaplan… Je lis beaucoup et je découvre tous les jours des gens inspirant qui sortent du cadre.
En gros, ce qu’ils ont tous en commun, c’est qu’ils sont tous hors normes. J’adore ça. Et ils sont la preuve vivante que lorsqu’on est passionnés et dans notre chemin de vie, ça marche. J’adore leurs philosophies, leurs coups de gueule contre les conditionnements, les limitations, etc. Ils m’aident tous beaucoup.

Quel livre as-tu offert récemment?
« écoute ton corps de lise bourbeau ». Un petite merveille.

Que donnerais-tu comme conseil à la « jeune Perrine, celle d’il y a 5 ou 10 ans?
Ne change rien, tu dois passer par toutes ces étapes pour devenir celle que tu es maintenant et celle que tu seras dans 10, 20 ans…